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Pokémon GO : tube de l’été ou phénomène de société ?

Publié le
21/9/2016
|
Daphné Savoundiraradjane
|
Pokémon
Publié le
21/9/2016
Daphné Savoundiraradjane
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Pokémon

Avec plus de 130 millions de téléchargements dans le monde et 500 millions de dollars de revenus générés, l’application Pokémon Go a battu tous les records cet été. Cependant, entre 15 et 25 millions d’utilisateurs ont déjà mis fin à l’aventure. Etaient-ils simplement de passage ou leur départ est-il annonciateur d’un essoufflement plus durable ?

Revenons tout d’abord sur les principales raisons du succès fulgurant du jeu pendant la période estivale avant de nous intéresser à son devenir. Quels sont les fondements sur lesquels repose cette réussite hors normes ?

1. Le jeu repose sur une licence déjà mondialement connue
La marque Pokémon, détenue par la Pokemon Company, comptait déjà, avant le lancement de Pokémon Go, des millions d’adeptes dans le monde. L’application Pokémon Go a d’ailleurs été lancée 20 ans précisément après la sortie des jeux Pokémon version rouge et Pokémon version bleue sur Game Boy. Ces jeux ont connu un grand succès dans les années 1990. Pokémon GO a ainsi surfé sur une vague de nostalgie et un terreau de millions de fans.

2. Réalité augmentée : l’effet surprise
Même si la réalité augmentée est un sujet dont on parle depuis quelques années déjà, rares sont les personnes qui l’avaient vraiment expérimentée avant de jouer à Pokémon GO. L'application a misé sur le côté "novateur" de cette technologie pour séduire des utilisateurs ravis d’utiliser la caméra de leur smartphone pour chasser des Pokémons en surimpression de ce qu’ils voyaient.

3. Pokémon Go : créateur de lien social d’un nouveau genre
L'application en elle-même est propice à l'échange entre utilisateurs : comparaison de Pokédex, rencontres autour d'un Pokéstop, participation à une « chasse géante » de Pokémon comme celles organisées à Paris ou New York, réunissant des centaines de « dresseurs » au Champs de Mars ou à Central Park. Au final, Pokémon GO a été LE sujet de conversation de l'été entre collègues ou amis.

Les #pokemonGo investissent la #TourEiffel https://t.co/7eQkECNRWI via @Pokemongofr4it pic.twitter.com/VolHMYbbBF

— LesNews (@LesNews) 24 juillet 2016

4. Un succès amplifié par des situations cocasses très médiatisées
Si Pokémon Go a autant fait parler de lui, c'est aussi pour les nombreux faits divers qui ont accompagné le jeu : émeutes à cause de l’apparition d’un Pokémon rare, chasse au Pokémon dans des lieux improbables voire interdits, utilisation de drones pour attraper plus facilement des Pokémon, mesures prises par les autorités pour stopper la frénésie de certains joueurs…

Tous ces faits ont été repris en masse sur les réseaux sociaux ou dans les médias, contribuant à faire de Pokémon GO un véritable phénomène de société. A tel point que « Pokémon Go » a été le terme le plus recherché sur Google du 5 au 15 juillet, dépassant même le terme « porn ».

IInterdiction de jouer à Pokémon GO dans le château de Schönbrunn à Vienne.
Interdiction de jouer à Pokémon GO dans le château de Schönbrunn à Vienne

Un engouement de courte durée ?

Après avoir connu en seulement 15 jours une progression battant tous les records, puis un plateau (stagnation), le nombre d’utilisateurs de Pokémon Go a commencé à décroître progressivement. A fin août, l’application avait perdu pas moins de 15 millions d’utilisateurs actifs comme le montre le graphique ci-dessous.

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Comment expliquer la perte d’enthousiasme d’un tiers des dresseurs de Pokémon dans le monde ?

On peut tout d’abord souligner plusieurs points relatifs à l’application elle-même : erreurs et bugs récurrents, nécessité de posséder un smartphone performant, consommation très élevée en batterie, Pokéstop introuvables dans certaines villes ou régions…

Exemple de bug de l’application. Les 3 Pokémons « starters » ont fusionné ici sans raison.
Exemple de bug de l’application. Les 3 Pokémons «starters» ont fusionné

Autre problème de fond : le manque de renouvellement du jeu. Une fois l’effet nouveauté passé, attraper 20 Rattatas dans la journée a pu apparaître à certains comme manquant de piment (même si le dressage de créatures bizarres constitue le principe même du jeu).

Et maintenant quel avenir pour Pokémon GO ?

A ce jour, on estime – selon les sources – que 20 millions d’utilisateurs continuent de jouer à Pokémon GO. Pour prévenir de nouvelles pertes de joueurs, l’application prépare son renouveau. Plusieurs nouveautés ont ainsi été annoncées : arrivée de nouveaux Pokémons, personnalisation possible des Pokéstops, nouveaux œufs à faire éclore…

A titre de comparaison, les jeux Candy Crush Saga et Angry Birds, lancés en 2012, ont eux aussi connu des périodes d’essoufflement, se renouvelant en permanence pour aujourd’hui compter des millions d’utilisateurs actifs : 318 millions pour Candy Crush et 200 millions pour Angry Birds.

Les concepteurs du jeu ont certainement été surpris par le succès planétaire de leur application. Une véritable contagion s’est opérée, l’effet social a joué à plein, chacun voulait découvrir la nouveauté du jeu, les chiffres ont été fulgurants.

La scénarisation du jeu a cependant été défaillante, il aurait fallu qu’une V2 soit déjà prête pour surfer sur la vague montante. Facile à dire après coup. Niantic vient d’annoncer un partenariat avec Apple : l’Apple Watch affichera la distance nécessaire pour faire éclore un œuf, l’inventaire et les Pokéstops aux alentours. Le renouveau est en marche.

Auteur : Daphné Savoundiraradjane, Chargée de communication, Keley Consulting.

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