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L’avenir d’Uber est-il vraiment radieux ?

Publié le
27/7/2016
|
Pierre Guimard
|
Business Model
Publié le
27/7/2016
Pierre Guimard
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Business Model

Si Uber est devenu l’archétype de la révolution digitale, ses perspectives ne sont pas pour autant claires, loin s’en faut. Cinq défis majeurs attendent l’entreprise.

Avec 1,15 milliard de dollars récemment levés, Uber va continuer à se développer à marche forcée. En France, la société part à l’assaut des stations balnéaires et des villes intermédiaires pour mieux répondre aux besoins de clients mondialisés. Selon les analystes, la jeune licorne serait actuellement valorisée plus chère que General Electrics, Ford ou Hertz. Voici cependant les cinq challenges auxquels l’entreprise californienne est confrontée.

1) Un schéma concurrentiel difficile

Les survalorisations que l’on constate souvent dans le digital tiennent à la création de monopoles naturels. Plus il y a de monde sur Facebook, plus c’est intéressant d’y aller. Cette logique d’auto-renforcement (dite « winner takes all ») existe pour Uber car la force de son réseau garantit des temps de prise en charge plus rapides pour ses clients. La présence mondiale d’Uber est incontestablement un avantage : Uber offre partout le même service à des voyageurs qui sont souvent par essence étrangers à la ville qu’ils visitent.

Par rapport à Facebook, la société de Travis Kalanic présente cependant une faiblesse majeure : une âpre concurrence offrant exactement les mêmes services et disposant de moyens importants. Soutenu par Apple, le concurrent chinois Didi vient de lever plus de 4,5 milliards de dollars. En 2015, cet acteur s’est associé à Lyft (USA), Ola (Inde) et GrabTaxi (Australie). Un autre géant mondial s’est créé en un temps record.

Uber est en fait confronté à la concurrence sur deux flancs. Les clients zappent facilement d’une compagnie à l’autre, les chauffeurs aussi. Nul besoin pour cela de matériel supplémentaire, un smartphone suffit. La force d’Uber a consisté à conquérir rapidement de nombreux pays, en s’affranchissant des contraintes matérielles ou organisationnelles. Cette même approche permet à la concurrence de se développer.

Technologiquement, les barrières à l’entrée sont relativement faibles. L’application Chauffeur Privé n’est pas sensiblement moins performante en matière d’ergonomie et de fonctionnalités. D’expérience, ce petit concurrent local offre des temps d’attente raisonnables. Dans le domaine du transport urbain, on peut atteindre une taille critique assez facilement surtout si les chauffeurs du concurrent travaillent aussi pour vous. Clairement, Uber joue dans un univers concurrentiel qui n’est pas un « océan bleu » mais au contraire une zone de guerre.

2) Une qualité qui se dégrade

Les utilisateurs fréquents d’Uber, dont je suis, le remarquent, la qualité s’est sensiblement dégradée. Les voitures sont moins propres, les bouteilles d’eau ont disparu, la prévision des temps d’arrivée est quelque peu fantaisiste. Dans le service, la logique d’industrialisation est toujours complexe avec des logiques d’économie d’échelle parfois difficiles à trouver.

En ce qui concerne le service client, les effectifs doivent plus ou moins s’ajuster à l’activité, à moins de renoncer à la qualité. Dans le cas du marché des VTC, il semble que la concurrence par le prix soit cependant en train de l’emporter, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle pour les compétiteurs.

Retrouvez la suite de cette chronique de Pierre Guimard sur le Journal du Net

Auteur : Pierre Guimard, Directeur Associé, Keley Consulting

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