EXPERTISE + LIBERTÉ
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Faut-il inviter les artistes au board des sociétés ?

Publié le
25/7/2017
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Pierre Guimard
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Publié le
25/7/2017
Pierre Guimard
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En 1991, dans son film "Jusqu’au bout du Monde", le réalisateur Wim Wenders décrivait de façon saisissante l’attraction des mondes virtuels. Dans ce chef d’œuvre de plus de 4h50, Wenders avait déjà imaginé de façon très précise les tablettes, la visioconférence, les systèmes de navigation à la Waze ou même un étrange moteur de recherche qui ressemble à ce qu’allait devenir Google quelques années plus tard.

Inventer le futur

Le caractère visionnaire de l’artiste n’est pas nouveau. William Gibson, Isaac Asimov, Philip K Dick et, bien avant eux, Jules Verne ont permis d’imaginer notre monde moderne avant que la technologie ne le permette.

Dans le monde actuel, cette capacité de vision peut être précieuse car si la technologie offre des possibilités infinies, notre imagination impose des limites bien réelles. L’utilisation de la visioconférence pour les services clients est techniquement possible depuis de nombreuses années mais ne semble décoller que maintenant. Nos habitudes, nos schémas mentaux nous limitent. Nous appliquons aux nouvelles technologies nos modèles de pensée habituels. Les premières voitures étaient des calèches dotées d’un moteur, avec une efficacité modérée. Il a fallu des années avant que le concept de voiture ne soit réellement repensé.

La différence de l’artiste

L’artiste authentique est un esprit non conforme. Sa créativité le libère des clichés et du déjà vu. Sa capacité imaginative lui permet d’inventer. L’artiste sait aussi capter l’air du temps. Les grandes phases d’innovation économique et industrielle, que ce soit la Renaissance ou la révolution industrielle, ont souvent coïncidé avec des phases d’intenses innovations artistiques.

L’artiste dispose d’un autre atout : il sait aussi plonger dans les affects les plus profonds. Cette compréhension des mobiles humains est clé. Derrière chaque grand succès économique, on trouve en effet des aspirations humaines profondes. Google doit son succès à la faim constante de l’homme pour les informations nouvelles. L’essor de Facebook s’explique par l’intérêt des humains pour la communauté et le contact social. L’artiste voit le futur souvent mieux que les autres car son imagination prend racine dans la compréhension de l’esprit humain.

Développer la bonne approche

Le créatif n’est pas pour autant fait pour des horaires de bureau fixe. Ce choc des cultures avec le monde de l’entreprise est salutaire mais pas toujours bien perçu. Les sociétés cantonnent souvent leur relation à l’art à des campagnes de mécénat pour cette raison.

Avec l’accord du client, nous avons pu faire travailler des artistes sur l’invention de nouveaux cas d’usages et la rédaction d’histoires clients. Un écrivain nous a aidés à raconter les histoires de cinq clients types (personas) à un horizon de cinq ans. Nous avons ensuite demandé à des graphistes d’illustrer les parcours clients sous forme de bandes dessinées. L’adhésion des équipes a été instantanée y compris au niveau de la direction. Créer du beau, élaborer du sens, susciter l’adhésion c’est aussi et surtout ce qu’apporte l’artiste. Au-delà de la méthodologie, il est essentiel tout simplement d’accepter de se laisser surprendre ou de choquer.

Auteur : Pierre Guimard

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